Comment aider une personne qui vit un burnout ?

Mieux comprendre le burnout, aider son conjoint, sa conjointe.

Extrait de mon livre en cours d’écriture sur le sujet du burnout, je vous livre dans cet article quelques clés pour vous aider à aider.

Léticia GRANGER

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Votre conjoint, parent, ami vit un burnout et vous ne savez pas comment réagir ? Comment aider ?

Le burnout ne concerne que rarement la seule personne malade. Son entourage proche peut être affecté par cette maladie. Ainsi le conjoint, les enfants, les parents, les amis proches, peuvent d’une part être touchés par ce que vit la personne malade, et d’autre part influencer son état de manière considérable.

La première difficulté réside dans le fait que le burnout commence par la phase de déni. Si vous-même ne savez pas de quoi vous souffrez, ni-même que vous souffrez, comment quelqu’un d’autre pourrait le savoir ?
Pourtant, certains signes peuvent mettre la puce à l’oreille. Voici de manière non exhaustive, quelques pistes qui pourraient vous aider à identifier le mal être de votre conjoint•e. Si, parmi cette liste, vous retrouvez au moins cinq symptômes, il est probable que votre conjoint•e soit malade.

  • Plus d’irritabilité, de fatigue, de pleurs, d’angoisse, d’agitation ou au contraire de lenteur dans les réactions et prises de décision.
  • Le temps passé au travail, même à la maison, qui devient de plus en plus envahissant, chronophage. 
  • Une perte d’intérêt pour les activités préférées et pour le partenaire, y compris sexuellement.
  • Des variations d’appétit, de poids, une fatigue importante ou au contraire une perte d’énergie de plus en plus présente.
  • Les problèmes d’insomnie, de réveils durant la nuit.
  • Expression de culpabilité, de perte d’estime de soi, de dévalorisation, d’idées noires.
  • Maux de tête et de dos récurrents. 
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De même, répéter à quelqu’un en burnout qu’il faut qu’il se fasse soigner ne l’aidera pas. D’une part parce que personne n’a envie de faire les choses parce qu’il faut les faire. D’autre part parce que le besoin immédiat réside dans le besoin d’être écouté et de pouvoir verbaliser.
La position de victime peut empêcher votre conjoint•e de réaliser qu’il•elle a le droit de parler de ce qui lui fait mal, sans être jugé•e pour cela. Votre écoutesans jugement reste le meilleur moyen de l’aider à s’exprimer, à vider son sac, à commencer de réaliser ce qui ne va pas.

Petite astuce de communication pour éviter un maximum le jugement : remplacez vos « pourquoi » par des « en quoi ».
Ex : remplacez « pourquoi tu travailles encore à cette heure ? » par  « en quoi est-ce important pour toi de travailler si tard ? ». Remplacez « pourquoi tu t’énerves ? » par « en quoi est-ce que c’est énervant pour toi ? », etc. Au lieu d’imposer votre vision des choses, et donc de laisser entendre que vous pourriez émettre un jugement ou une réflexion, vous laissez ainsi votre interlocuteur s’exprimer librement. Puisqu’il ne passe pas son énergie à essayer de se défendre, il va réfléchir à la question et parler de lui. Vous pouvez ainsi amorcer un dialogue et en profiter pour l’aider à prendre conscience qu’il y a quelque chose qui ne va pas. 

L’une des approches positives à adopter consiste en la valorisation de ce qu’est et fait votre conjoint•e. Il est en effet important d’insister sur les actions et comportements positifs, parce que lui•elle aura tendance à ne voir que le négatif. Prenez le temps de souligner votre reconnaissance pour son implication dans votre couple malgré la fatigue, pour son sourire que vous aimez tant, rappelez-lui ce que vous aimez chez lui•elle,etc. Complimentez-le•la en public le plus possible pour l’aider à prendre conscience que l’image qu’il a de lui par son travail n’est pas le seul reflet de ce qui le compose. Il est un bon parent, une belle personne,etc.

Montrez-lui ce qui est beau et profitez-en pourquoi pas pour allier les notions de plaisir et d’exercice physique en lui proposant des balades. Il se peut qu’il vous faille insister parce que votre conjoint•e n’arrive plus à choisir, décider ou avoir conscience de ses envies. Pour autant, se reconnecter aux petits plaisirs de la vie est essentiel, que ce soit à travers la nature, la gourmandise, l’exercice, la famille, etc. L’exercice physique contribue à soigner l’état de dépression, libérer les tensions, etc. Tout comme la nutrition, il est donc l’un des éléments à ne pas négliger.  En effet, la maladie peut affecter les comportements alimentaires et provoquer des pertes ou prises de poids plus ou moins importantes. Aider l’autre à manger sainement et à bouger contribuera à sa guérison.

Vous pouvez encourager votre conjoint•e à se reposer. Aidez-le•la en le soulageant des tâches qui l’épuisent et que vous vous sentez d’assumer. Proposez lui de se ressourcer sans travail , ni téléphone. Faites garder les enfants un weekend.  
​Puis, dans un deuxième temps, incitez-le à changer ses habitudes. L’aider à changer ses habitudes est important. Se coucher plus tôt, ne plus lire les mails le soir, éteindre l’ordinateur à la maison, etc.
Cela fait longtemps que vous n’êtes pas allé au restaurant en amoureux ? Qu’à cela ne tienne ! 

Chaque sourire compte.

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Impliquez chaque membre de la famille ! Plutôt que d’essayer de cacher son état, veillez à expliquer aux enfants que papa ou maman a besoin de soutien, que tout le monde va faire un effort pour l’aider, le•la soulager, l’aider à guérir. Le fait que cette solidarité s’installe évitera au membre de la famille malade de culpabiliser de ne pas pouvoir tout gérer et lui permettra de consacrer son énergie à sa guérison, tout en étant porté par la force des liens.

Aidez-le•la à se rappeler ses priorités, par exemple en lui posant la question : « qu’est-ce qui te ferait lever le matin avec plaisir ? Et puis quoi encore, et quoi de plus important encore? », ou en lui demandant s’il•elle trouve que son travail est à sa juste place dans vos vies.
​Si ce n’est pas le cas, dites lui qu’il n’a pas à s’en vouloir et que vous pouvez trouver des solutions, en commençant par aller voir un médecin, un thérapeute, puis un coach spécialiste du burnout, pour s’autoriser à vivre la vie qu’il•elle choisira, celle qui collera à ses valeurs profondes. Il n’est pas facile d’aider une personne en burnout à faire la démarche d’aller voir quelqu’un.
Si il•elle est trop réfractaire, proposez-lui d’en parler autour de lui•elle dans un premier temps. Ainsi, il•elle pourra avoir plusieurs avis sur la question et prendre petit à petit conscience de son état. Il existe des groupes facebook dédiés aux personnes en souffrance au travail, des groupes de paroles, des livres sur le sujet. Si malgré tout vous faites face à un refus, fixez ensemble une deadline, une date à laquelle il•elle s’engage à aller consulter un spécialiste si les choses ne vont pas mieux.

Ensemble, faites des exercices de respiration profonde. Assis en tailleur l’un en face de l’autre ou dos à dos, inspirez profondément en gonflant votre ventre, comptez jusqu’à 5 lentement, maintenez, puis relâchez profondément, comptez jusqu’à 5, et recommencez à inspirer. Cela pourrait devenir un petit rituel avant le coucher, pour vous apaiser mutuellement.

Il est important que vous compreniez que la patience sera un précieux allié. La guérison prend du temps. Vous n’êtes pas détenteur des solutions. LA clé, c’est bien la personne malade qui la détient. Seulement, elle a besoin de temps pour en prendre conscience et exploiter ses ressources. Ne vous culpabilisez pas. Les solutions sont internes et viendront donc de votre conjoint•e, quand il•elle en aura l’énergie, et quand il•elle sera aidé•e pour se reconstruire.

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Votre sourire, votre positivité sont de solides appuis dans cette épreuve. Restez attentif et tourné vers le positif pour que votre partenaire veuille vous suivre sur cette voie et s’engager dans une action de soin à cette fin.

Toutefois, veillez à ne pas l’infantiliser pour ne pas toucher à sa dignité. Evitez les “il faut faire ceci”, “tu devrais faire cela”. Proposez-lui plutôt sous cette forme par exemple : ” et si tu essayais de …?”, “tu pourrais peut-être faire ceci ? Qu’en penses-tu ?”, etc.

Attention, votre rôle de conjoint s’arrête à toutes ces attentions, à la considération que vous porterez à l’autre, à votre respect et votre écoute. Vous n’êtes pas son psychologue, vous n’êtes pas son thérapeute. Vous n’êtes pas un professionnel de santé et n’avez pas ce rôle à jouer (quand bien même vous en seriez un). Votre rôle de conjoint est de soutenir l’autre, de l’accompagner vers le professionnel de santé qui s’occupera de le guérir.

Si votre conjoint évoque le suicide, vous pouvez sans hésiter contacter un centre d’écoute.
Pour une urgence, contactez le 15.

Le burnout est un passage de vie difficile. Pour autant, avec l’aide médicale et l’accompagnement d’un professionnel spécialisé sur la question, les étapes de la guérison pourront permettre à la personne malade de trouver un nouvel équilibre, en accord avec ses valeurs, ses choix de vie, ses talents et les contraintes qu’elle choisira.​​

Votre conjoint vit un burnout ? Vous vivez vous-même un burnout, souffrez au travail et/ou avez envie de rebondir, de bâtir de nouveaux projets ?

Ne restez pas isolé(e). 
Contactez-moi pour votre séance diagnostic offerte. 

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